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  • Posté le 8 août 2019 / 312 visites

L’envie d’avoir envie...

L’envie d’avoir envie (1)... de travailler à la DG

Alors qu’un (énième) terrible drame vient de frapper notre administration - le suicide d’un collègue à la direction générale - on constate depuis déjà plusieurs années que celle-ci est très loin d’être aussi attractive qu’auparavant. Ainsi, les recherches de candidatures et autres enquêtes incessantes attestent du désamour qui s’est installé. Bon nombre d’agents expérimentés ont fait le choix de quitter l’endroit. Les process fumeux comme « ambition DG » ou les tentatives cosmétiques telle que la « semaine pour la qualité de vie au travail » à la DG n’y font rien.

Et pour cause le problème est plus profond et double. Un problème de charge de travail (la question de l’écrêtage que nous avons déjà développé, puisque les agents travaillent des dizaines d’heures supplémentaires qui disparaissent), mais aussi et peut être surtout un problème managérial. La bienveillance est un concept qui tend à disparaître dans les administrations. L’autoritarisme dont font preuve certains est probablement utilisé voire cautionné au plus haut niveau de notre administration. C’est toute une conception du lien hiérarchique qu’il faudrait reconstruire, de la confiance qu’il faudrait récréer, du respect de chacun. La CGT, par son union de cadres, s’est souvent exprimée sur ce sujet.

De nombreux témoignages nous sont parvenus sur certaines ambiances de travail très dégradées, sur la suffisance, voire le mépris ou l’humiliation que subissent certains collègues.

Malheureusement, dans les cas de suicides, les méthodes de l’administration perdurent pour minimiser la part du travail en focalisant sur d’éventuelles difficultés personnelles. Tout est fait pour occulter les différentes difficultés que de mauvaises conditions de travail occasionnent. Et pour cause, nos directeurs savent très bien qu’ils sont responsables pénalement de la santé (physique et mentale) et de la sécurité des personnels placés sous leur autorité - (article L. 4121-1 du Code du travail et toute la jurisprudence associée).

À la CGT, nous croyons que pour traiter un problème, il faut commencer par le nommer. La volonté d’occulter les suicides du lexique douanier est un réel problème. Le bilan social ne traite aucunement des suicides, mais classe ces décès sous le vocable de « départs définitifs », aussi révélateur que choquant...! Le SNAD CGT est intervenu auprès du directeur général à l’occasion d’un CTR il y a plus d’un an, la réponse se fait toujours attendre…

À ce jour, la DGDDI a été reconnue responsable du suicide d’un seul collègue permettant ainsi à la famille de faire valoir ses droits. Il est inconcevable que les suicides ne soient pas reconnus comme étant la faute inexcusable de l’employeur du fait des conditions de travail, des restructurations, des politiques managériales agressives, etc...

1 - Si certains aiment la métaphore musicale, la CGT préfère la citation de l’écrivain humaniste Etienne de La Boétie « ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux » (discours de la servitude volontaire).

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