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  • Posté le 4 juillet 2018 / 60 visites

La lutte et pas la fuite

Déclaration préalable au CTSD du 26 juin 2018

Monsieur le Président,

Ces derniers mois ont été le théatre d’une importante et légitime contestation. À travers la lutte des cheminots pour conserver leur statut et la qualité du service public rendu aux usagers et des trois fonctions publiques, enseignants, personnels hospitaliers, agents de la territoriale, agents des douanes, c’est le modèle social à la Française qui est défendu.

C’est assez rare et exceptionnel de voir les trois fonctions publiques, toutes OS confondues, appeler d’une seule voix à la mobilisation des actifs, des retraités, des usagers des services publics. La contestation citoyenne est en marche et en même temps…

Il faut dire que les annonces de notre ministre et de notre directeur général sont encourageantes :

  • Suppression de certaines taxes comme le DAFN et les taxes céréales. Lorsque l’on voit les montants en jeu, c’est incompréhensible. Pour la DI de Bordeaux, ces taxes en 2017 représentent respectivement plus de 4 millions et 7 millions d’euros,
  • Participation à l’ « effort » des 50 000 suppressions d’emploi,
  • Perte du recouvrement au profit de la DGFIP,
  • report du RIFSEEP au delà de 2019 c’est à dire demain, le document de notation
    correspondant est déjà en discussion dans les groupes de travail nationaux,
  • fusion des instances consultatives,
  • droit à l’erreur et loi pour une société de confiance pour favoriser les contrôles.
  • La confiance se mérite et ne se décrète pas ; elle sert, dans nos sociétés, de cheval de Troie pour justifier les reculs démocratiques et les cadeaux faits aux plus riches : via les dispositifs CICE et le CIR le gouvernement a fait confiance aux grandes entreprises pour créer un million d’emplois, on voit le résultat !

Aujourd’hui, nous devons attendre notre tour pour les contrôler ou attendre qu’elles nous le demandent toujours selon le même principe.

Toutes ces mesures découlant de Cap 2022 auront des conséquences désastreuses pour le service public et les agents mais aussi pour nos missions.

Ainsi, le DAFN, fiscalité sur les bateaux de plaisance et de sport, sert au financement du conservatoire du littoral.

Il n’a pas suffi à la Direction Générale de livrer le littoral aquitain aux vents de la contrebande en supprimant la brigade du Verdon, il faut maintenant qu’elle empêche la préservation de ses plus beaux paysages.

Vous ne perdez pas de temps dans l’annonce de suppression, hors PSD, de services douaniers.

Premier visé, le bureau de Guéret : fermeture déjà acquise ? Organisée ? présentée comme un bien pour les agents, laissant entendre que c’est même à leur demande !!! Mais qu’en est-il de l’avis du CHSCT et du comité technique ?

Il s’agit tout simplement de la fermeture d’un service public de proximité. Nous vous rappelons que les accords de 2006 stipulent une structure douanière par département, accord signé par toutes les OS.

De la même façon, les CHSCT de notre direction ont à connaître pour avis les projets de concentrations énergétiques que vous pilotez depuis l’Hôtel des douanes de Bordeaux avec comme conséquence prévisible des bureaux de plus en plus fragilisés dans les directions régionales et des conditions de travail qui vont encore plus se dégrader pour les agents du bureau centralisateur.

Vous nous avez annoncé lors de votre premier comité technique en novembre dernier que vous ne souhaitiez pas aller plus loin que votre prédécesseur en terme de fermetures de services.

Nous voilà servi ! En plus de la concentration énergétique, c’est le centre de viticulture de Bordeaux qui fait l’objet d’un dépeçage en règle : c’est ce que vous appelez consolider les services de viticulture. Nous appelons cela le démantèlement du service public douanier.

Nous nous opposerons toujours à ces fermetures de structures petites ou grandes qui ne répondent pas aux besoins de proximité des usagers, et qui conduisent à la désertification des services publics.

À travers les bilans que vous nous présentez, nous ne pouvons que constater l’importance du travail effectué par l’ensemble des douaniers, tant au niveau des taxes perçues, qu’en matière de résultats obtenus dans tous les domaines.
Mais à quel prix ! Les conflits relationnels entre agents sont exacerbés du fait de réorganisations qui n’en finissent pas, les marges de manoeuvre pour les responsables de proximité se réduisant comme peau de chagrin.

A la CGT, nous n’encourageons pas les agents à fuir mais bien à s’organiser collectivement pour lutter contre les projets qui dégradent leurs conditions de travail, à trouver dans l’autre un allié plutôt qu’un adversaire ou un concurrent et de lutter contre ce penchant de nos sociétés modernes du chacun pour soi !

Malgré l’avenir incertain, le mal-être ressenti par beaucoup de nos collègues, dû à une activité mal évaluée, les agents continuent de travailler et de se former.
Cette formation nécessaire ne doit pas être galvaudée, réalisée sans moyen. Nous revendiquons pour toutes et tous une formation de haut-niveau.
Les élus SNAD-CGT


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