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  • Posté le 8 février 2019 / 130 visites

CTSD Occitanie - 8 février 2019

Vous trouverez ci-dessous la déclaration liminaire qui a été lue en ouverture du CTSD de ce vendredi 8 février, ainsi que le compte-rendu...

Monsieur le Président,

Depuis maintenant plusieurs semaines le pays est secoué par un mouvement social sans précédent qui atteint l’État jusqu’à son sommet.
Les fonctionnaires que nous sommes partagent une grande partie des revendications portées par les gilets jaunes et notamment celles ayant trait au pouvoir d’achat.
En effet, la multitude de primes qui nous sont allouées ne parvient pas à combler la stagnation de nos traitements de base.

C’est pourquoi le SNAD-CGT continue à revendiquer :
• L’augmentation immédiate de la valeur du point d’indice
• Le rattrapage des primes ACF pour tous les agents des douanes
• L’augmentation de l’indemnité de risque à 110 points d’indice
• L’arrêt des suppressions d’emplois et des fermetures de bureaux et brigades.
• Le rejet d’une nouvelle réforme des retraites qui consisterait à un allongement de la durée de cotisations ou une baisse du montant des pensions
• La revalorisation des heures de nuits, des frais de repas,
• L’attribution de la prime de résidence à tous les agents qui en sont dépourvus en métropole.
• Le financement de la mutuelle à hauteur de 50 %
• La fin de la pénalisation des malades par la suppression de la journée de carence.

À tout ceci Monsieur le Président, vous nous direz certainement que vous ne pouvez pas répondre, que cela ne dépend pas de vous.

Alors, nous allons vous parler de ce qui se passe dans notre administration et dans votre DI.

Après vingt-cinq ans, de réformes et de contre-réformes, on ne peut que se rendre à l’évidence : la fraude est énorme. Et pourtant, lutter contre cette fraude rapporterait tellement aux caisses de l’État ! Mais pour cela il faudrait une réelle volonté politique et les moyens qui vont avec.

Nous sommes aujourd’hui 17.351 douaniers, alors que nos collègues allemands sont plus de 35.000. Et c’est pourtant chez nous que l’on supprime des postes.

Le Brexit approche à grands pas, et, comme d’habitude, nous assistons consternés à la mise en œuvre d’une politique de gribouille : des effectifs rajoutés au compte-goutte, presque à contre cœur, des moyens supplémentaires quasi inexistants ! Tout va très bien madame la marquise, semblez-vous dire. Avec l’envie d’être le bon élève de la DG ? Avec insouciance ? Avec irresponsabilité ? Certainement un peu des trois... et au final les agents de la ligne écoperont ! Mais comme, dans un élan spontané, vous l’aviez si bien dit il y a quelques mois pendant une réunion paritaire : « le Brexit ? mais ça ne nous concerne pas ici ! ».

Venons-en à la simplification des procédures administrative. Où est-elle ? Pour les usagers ? Pour nous, fonctionnaires chargés d’appliquer la réglementation ? Malgré le recours toujours plus important à l’informatique et à la dématérialisation, l’instruction des dossiers nous demande toujours plus de travail. Même le défenseur des droits s’inquiète et met en garde : « perdre le sens de cette transformation ou sous-estimer ses effets nous exposerait à un recul inédit de ce qu’est le service public en France ». Le SNAD-CGT le martèle, les procédures administratives sont plus compliquées et plus injustes - sont plus compliquées et plus injustes !

L’organisation administrative du travail est de plus en plus anarchique. Comment justifiez-vous l’absence de fiches de poste ? Est-il admissible que des collègues en arrivant sur leur poste soient livrés à eux-mêmes et doivent se débrouiller seuls ?
La formation initiale est médiocre, la formation continue ne l’est pas moins.
Les outils informatiques inaboutis sont déployés sans plus de formation. Ni intuitifs, ni ergonomiques. Chacun s’y adapte comme il peut. Ou pas.

LOLF et marchés publics, censés améliorer notre fonctionnement, l’ont alourdi. Pourtant en théorie, le postulat de départ pouvait passer pour vertueux. Que s’est-il passé en cours de route ? Nous sommes collectivement englués dans un carcan qui ne produit rien des effets promis.

À de nombreuses reprises déjà, nous vous avons alerté sur la situation de vos services et sur les conditions de travail.

Dans les services de la DI même, depuis l’intégration de la DR de Toulouse, les collègues souffrent d’une surcharge de travail chronique conduisant à la dégradation de leur état de santé voire à leur épuisement. Leurs missions consistent pour une grande part à répondre aux sollicitations des services, ils n’ont pas la chance d’être les maîtres des horloges, eux !
Quant aux bureaux et brigades, ils ne savent déjà plus quelles sont les priorités et naviguent à vue au gré des caprices ministériels.
Tout cela génère du stress et de la souffrance au travail.

Or, même quand les services et les syndicats sont force de proposition, vous rejetez leurs demandes : pas d’augmentation d’effectif, pas d’amélioration des conditions de travail.
Nous réitérons notre demande de prise en compte de la souffrance au travail et nous vous demandons d’y mettre un terme comme vous y êtes tenu par la circulaire du 10 avril 2015.

Pour finir, dans un mail que vous nous avez adressé le 10 janvier, vous dites regretter le contretemps qui repousse la date à laquelle nous pourrons disposer d’un véritable local syndical.
Que pouvons-nous vous dire ? Que nous le regrettons nous aussi ?
NON, Monsieur le Président ! Nous le déplorons, nous protestons, nous dénonçons, nos droits sont bafoués.
Nous venons de loin et ne pouvons pas travailler à notre guise pour remplir notre mandat.
Nous attendons ce local depuis la création de la direction interrégionale en 2006 – et que dire de l’absence, encore et toujours de local syndical sur Sète.
Alors oui, Monsieur le Président, nous sommes contraints de nous accommoder de ce que vous voulez bien nous octroyer. Mais avouez quand même que lorsque vous recevez les Directeurs de Perpignan et Toulouse vous êtes bien aise de le faire dans votre bureau, sans avoir à réserver une salle à l’avance en espérant qu’une visio-conférence n’y sera pas programmée. Nous sommes aussi légitimes que vous pour travailler dans des conditions satisfaisantes.

En guise de conclusion, nous ne pouvons, Monsieur le Président, qu’une fois de plus vous déclarer notre déception à la lecture des documents relatifs aux effectifs 2019.
Quel manque d’anticipation !
Quel manque de conviction quand vous présentez aux agents leur avenir !
Quel manque d’ambition pour votre DI !

Car même quand la DG vous donne des effectifs… vous les refusez !
Comment voulez-vous que les agents de l’inter-région restent motivés avec d’aussi incompréhensibles initiatives ? Pareil CT..., c’est une inoculation de sinistrose aiguë !

Monsieur le Président, seriez-vous homme d’église, nous vous verrions bien, du haut de votre chaire, prodiguant un sermon : « Faites au mieux, avec ce minimum que je vous donne, et soyez heureux », tel Saint Gérard avant son naufrage.

Les élus CGT au CTSD d’Occitanie

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Compte-rendu

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